Posted: Mon 2 Jun 2008 - 20:55 Post subject: Essai BMW M3 V8 berline (e92)
Après une génération d'absence, les pères de famille et amateurs de berlines musclées peuvent enfin compter dans leur " shopping list " la dernière M3 berline E92. Une alternative incontournable dans la catégorie qui n'hésite pas à se frotter à la dernière C63 AMG ou la Lexus IS-F. Et des arguments, elle n'en manque pas car elle reprend tous les atouts qui fait la référence du coupé tout en ajoutant deux portes de plus. Outre un style qui marie sport et élégance, la M3 berline conjugue une V8 d'anthologie et un comportement équilibré sublimé par un autobloquant M-Technic de série...
Après la discrétion commerciale de la M3 berline E36, les amateurs de berlines compactes musclées de la marque à l'hélice ont connu une génération de traversée du désert. Ces 13 années d'abstinence ont été récompensées lorsque l'on a l'occasion de déguster la version E92. Plus "M" que jamais, cette berline conjugue le sport, les performances et la classe que l'on connaît aux productions de pointe de Münich. Une sorte de GT pour 4 personnes en somme. Un V8 quatre litres de 420 ch, des performances aptes à tenir la cadence de ses rivales directes, et toujours des qualités dynamiques qui font référence sur nos routes et circuits, tel est la synthèse que procure la M3 berline V8. Une mini M5 ? Mieux ou presque, car son gabarit et poids restent encore raisonnables.
DESIGN
Le coupé M3 étant déjà sur nos routes depuis quelques temps déjà, la berline arrive avec des spécificités qui lui sont propres. Enfin pas exactement… Après un rapide comparatif avec les autres berlines série 3 E92 de la gamme, ce qui nous chiffonnait jusque-là avec la M3 berline nous apparaît comme une évidence ! Le museau de cette nouvelle berline musclée reprend en fait celui de la version… coupé. Bien vu ! On se souvient que d'autres constructeurs avaient déjà réalisé ce type de hold-up stylistique avec la Renault 21 2 litres Turbo qui disposait d'une face avant spécifique, mais surtout de la Mercedes C55 AMG qui reprenait tout le masque avant du CLK 55 AMG et était légèrement plus longue et effilée que les autres berlines. Cette astuce, autant dictée par le marketing que par des contraintes de place à réserver à la mécanique, apporte ainsi un souffle de fraîcheur et d'exclusivité à une ligne générale déjà connue depuis longtemps. L'aérodynamique n'en profite pas outre mesure avec un Cx moyen de 0,31 (meilleur que le coupé qui plafonne à . Même si cette M3 n'est pas aussi exubérante que sa rivale de Stuttgart, elle peu difficilement cacher ses origines sportives. Entre la partie avant qui est totalement dédiée à la mécanique (bossage de capot, prises d'air de capot, ouies latérales, bouclier avant…), la poupe surmontée d'un léger becquet pour améliorer les appuis, mais aussi les deux doubles sorties d'échappement, l'amateur de voitures de sport ne s'y trompera pas. Les débuts hésitants de la rupture "Bangle", qui ont accouché de quelques maladresses de style (série 7), ont désormais trouvé un compromis idéal entre dynamisme, modernité et élégance. Alors lorsque la berline série 3 E92 est en plus dotée de passages de roues élargis, des roues de 18 voire 19 pouces en option, et que l'assiette est très basse, cette dynamite pour 4 personnes est tout simplement irrésistible ! A chaque génération de "M3" ses rétros… La E92 hérite de doubles branches du plus bel effet, au dessin très altier. Après l'émerveillement à l'extérieur, l'ouverture de la porte conducteur aura vite fait de faire redescendre l'excitation. "Tiens une série 3 !", se dit-on en s'installant. Certes les sièges baquets réglables mettent la puce à l'oreille, tout comme les compteurs (avec une zone d'alerte variable du compte-tours)
ou le pommeau de vitesses siglés "M". Mais pour le reste c'est gris, terne, et finalement très classique. On retrouve ce dessin de planche de bord qui joue le dépouillement, certes agrémenté de placages en carbone, et qui cache une multitude de réglages et équipements. La molette I-Drive est notamment là pour vous permettre de naviguer dans les différents menus et programmes que vous consultez sur l'écran central abrité sous la casquette centrale. Passé la phase de découverte, on arrive à trouver une position de conduite idéale et, cerise sur le gâteau, l'assise peut être allongée avec le coussin du bord qui coulisse, une habitude maison qui existait déjà sur les séries 6 des années 70/80. Si la présentation est triste, les matériaux employés et l'assemblage n'appellent aucune critique. L'équipement est assez complet de série. Un minimum sur une auto de près de 73 000 euros. Mais il est à souligner qu'avec un écart de prix de plus de… 12 000 euros (!) avec une C63 AMG, la M3 ferait presque figure de bonne affaire. Ainsi, en restant moins chère, on peut même s'offrir les jantes de 19 pouces et l'amortissement piloté.
MOTEUR
Plus de cylindres et moins de poids. C'est le résultat du travail des motoristes allemands puisque ce V8 de 4 litres de cylindrée est plus léger de 15 kilos que l'ancien 6 en ligne qui faisait encore des merveilles sous le capot de la précédente M3. Totalement en alu, ce bloc se révèle fidèle à la tradition maison. S'il est déjà très souple à bas régime (merci le calage variable de l'admission et de l'échappement -double VANOS-), il n'hésite pas à se révéler comme une véritable puncheuse dans les tours. A mesure que l'aiguille du compte-tours grimpe, la M3 se mue en voiture de course ou presque. De 5 000 tr/mn jusqu'à 8 300 tr/mn tous vos poils de bras sont au garde-à-vous tant en raison de la poussée que de la sonorité moteur qui s'est transformée ! Enfin une sportive d'exception qui ne cède pas tout sur le sacro-saint couple à bas régime. Et puis avec ses 40,8 mkg dès 3 900 tr/mn, cette berline dynamite est loin d'être apathique dans la circulation, sachant que près de 85% de cette valeur est disponible de 0 à 6 800 tr/mn. Pour aller tirer la quintessence de ce bouillant V8, il faut aller chercher les 420 ch dans les derniers retranchements à 8 300 tr/mn. Malgré la cylindrée supérieure à l'ancienne M3, Motorsport a réussi une nouvelle fois à étaler ses talents de motoriste d'exception à l'instar de Ferrari et Honda dans ce domaine avec un rapport supérieur à 100 ch/litre. Chapeau ! On ne le dira jamais assez à L'Automobile Sportive, mais une mécanique essence de caractère, s'il elle doit évidemment s'adapter aux habitudes et contraintes actuelles en conservant un minimum de couple en bas, doit impérativement être capable de donner des frissons au-delà de 5 000 tr/mn, faute de quoi, le diesel pourrait venir la terrasser. BMW n'est pas sourd à cet argument et semble même partager cette vision lorsque l'on s'attarde sur ce V8 de 4 litres. Les échappements sont travaillés à souhait, et bien que moins enivrante que la sonorité d'une Mercedes C63 AMG, la M3 distille au fil des kilomètres une empreinte sonore qui ravira les esthètes des tympans. Avec sa boîte mécanique à la commande parfaite (mais une course d'embrayage toujours un peu trop haute, une sale manie de BMW), c'est donc avec une poigne douce mais décidée que vous dirigez la symphonie en 8 majeur de l'orchestre de Münich. Pendant ce temps, les chronos tombent comme des mouches avec un 0 à 100 km/h en 5"3, un kilomètre départ arrêté en 23"7 et une vitesse maxi limitée électroniquement à 250 km/h. Mais au-delà de ces chiffres, certes un poil en retrait (à quelques centièmes près) de la C63 AMG et de la Lexus IS-F, c'est cette impression de poussée continue qui étonne et séduit le plus. Alors que les autres doivent tomber un rapport, la M3 poursuit sa quête des sommets interminables… Tout simplement grisant !
CHASSIS
Les dessous de cette berline sportive sont connus puisqu'ils reprennent ceux du coupé. La seule différence concerne la répartition des masses qui est légèrement différente avec 1% de plus sur l'arrière. Sa définition technique pour ses trains roulants est dans la tendance du moment avec un McPherson avant et barres antiroulis, tandis que l'essieu arrière se charge de faire travailler au mieux les roues à plat tout en préservant un minimum de confort. Les trains de roulement de conception entièrement nouvelle avec des composants spécifiques allégés ainsi qu'une cinématique typée M sont au programme. Les bras de suspension en aluminium matricé participent eux aussi à l'allègement des masses non suspendues. En option, le client peut opter pour la commande électronique de l'amortissement (EDC) optionnelle proposant trois cartographies différentes. Cette conduite à la carte est un atout et permet ainsi de ménager les vertebres de vos passagers. Mais l'arme secrète de cette furie est son autobloquant M-Variable de série. En cas de besoin et de manière complètement variable, ce dernier produit un couple de blocage pouvant atteindre 100% assurant ainsi une motricité optimale sur tous les revêtements routiers et dans les virages pris à allure sportive. L'autobloquant M variable réagit aux différences de vitesse de rotation entre les roues arrière droite et gauche. Cette berline évolue sur des roues en alliage léger au look M spécifique. A l'avant, les jantes de dimensions 8,5 x 18 pouces chaussent des pneus à section basse de 245/40. Sur l'essieu
arrière, elle reçoit des jantes de 9,5 x 18 pouces avec des pneus de 265/40. Une fois digéré la fiche technique, il convient d'assimiler les différents réglages possibles offert par le MDrive. Il permet de régler et d'appeler la configuration définie par le conducteur quant à la caractéristique du moteur, au réglage du train de roulement et du DSC ainsi qu'à la loi de la fonction Servotronic comme une option supplémentaire. La direction à crémaillère assistée est équipée de l'assistance hydraulique Servotronic qui asservit les efforts à déployer au volant à la vitesse de la voiture. Via le système de configuration optionnel MDrive, le conducteur peut moduler le niveau d'assistance. Il peut pour cela choisir entre deux cartographies différentes appelées par actionnement du mode " Normal " ou " Sport ". En réduisant l'assistance à la direction de manière ciblée, le mode " Sport " augmente encore le toucher direct de la route déjà procuré en mode " normal ". Sur des routes sinueuses et à vitesse soutenue, la voiture se dirige ainsi de manière encore plus sensible. En mode " Normal ", l'assistance à la direction est plus importante. Et alors, tout ça au volant ça donne quoi ?! Que du bonheur en vérité tant l'équilibre de cette bavaroise est tout simplement épatante ! Elle reste suffisamment souple pour offrir un minimum de confort même à l'attaque, et en prime elle passe fort partout limitant les pertes de motricités. Merci le M-Variable, et merci aussi pour son aide dans l'accroissement de l'agilité dans les petites virages. C'est bien simple, malgré son poids de plus de 1,6 tonnes, elle sait tout faire, en fonction de ce qu'on lui demande. Pilotage propre et précis, elle enchaîne les tours avec aisance et vitesse... Ambiance travers de porcs et le M-Variable se rappelle à votre bon souvenir pour vous aider à entretenir la dérive proprement. L'attaque des freins est très bonne malgré un équipement d'origine étonnant pour une auto de cette catégorie (étriers flottant monopiston !), d'autant plus étonnant que la 135i coupé a le droit au grand jeu des étriers fixes. La direction est un régal de précision et permet de placer le train avant là on le pilote le souhaitait. Malgré un talent naturel évident, et une facilité trompeuse, il ne faut pas perdre de vue que la M3 berline reste une propulsion de plus de 400 ch, et que poussée dans ses derniers retranchements, elle demande un certain doigté et savoir-faire pour ne pas se retrouver au tas. Surtout si vous aviez la prétention de déconnecter totalement le DSC...
LA M3 BERLINE E92 A LA LIMITE...
"La M3 n'a pas ce problème [de fermeté NDRL], et pour cause, elle jouit d'une suspension pilotée (en option) permettant de se concocter un pilotage à la carte. Le système n'est pas exempt de tout reproche, notamment sur les chaussées fortement dégradées où l'auto a tendance à sautiller. Mais globalement le bilan dynamique offert par la BMW frise le sans-faute. Au passage, signalons que la berline bénéficie de réglages spécifiques, et ce afin de tenir compte d''une répartition des masses légèrement différente (1% de plus à l'arrière)."
CONCLUSION
La meilleure berline compacte musclée ? D'un point de vue d'amateur de voitures sportives, tant au volant que techniquement parlant, nous en sommes convaincus. La M3 Berline conserve intact les qualités du coupé M3, mais se trouve dans une catégorie où la concurrence est moins nombreuse et hésitante entre le sport et le luxe. BMW a tranché et opté radicalement pour le sport et c'est tant mieux ! Enfin un choix osé dans un segment souvent soumis au diktat des modes et coutumes des acheteurs de berlines de plus de 70 000 euros. Et cerise sur le gâteau, la M3 berline est une des rares à être équipée d'un V8 et d'une boîte mécanique. C'est fromage et dessert en quelque sorte...
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Posted: Mon 2 Jun 2008 - 21:58 Post subject: Essai BMW M3 V8 berline (e92)
C'est toujours une référence en matière de sportive pure et dure!!!
Le design s'est adouci par rapport aux versions des années 80/90 qui étaient plus radicale et plus typées sport mais l'essentiel est resté!!! _________________
piépiéman
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Posted: Mon 2 Jun 2008 - 22:05 Post subject: Essai BMW M3 V8 berline (e92)
Moi j'adore
la version 3 portes doit être encore mieux _________________ FIAT Punto 1.9 JTD 80 3 portes 2001